Face au blocage des Vingt-Sept sur le financement de l’aide militaire à Kyiv, Emmanuel Macron a annoncé l’organisation d’un nouveau sommet, prévu le 27 mars à Paris, en présence de Volodymyr Zelensky. Cette réunion, qualifiée de coalition des volontaires, vise à concrétiser un soutien immédiat à l’armée ukrainienne, tout en esquissant une architecture de défense durable contre les offensives russes.
Un sommet européen sans accord
Jeudi à Bruxelles, les dirigeants européens ont échoué à valider une enveloppe de 5 milliards d’euros destinée à l’achat urgent de munitions pour l’Ukraine. Le plan de la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, proposant une contribution des États membres proportionnelle à leur poids économique – basée sur le revenu national brut (RNB) –, n’a pas convaincu. La France et l’Italie, notamment, y ont opposé des réserves.
Malgré l’absence de décision chiffrée, le président français a souligné la nécessité d’avancer avec ceux qui veulent agir. Les conclusions du sommet n’intègrent même pas la proposition initiale de 5 milliards pour les obus, pourtant réclamés avec insistance par Zelensky, intervenu par visioconférence. Nous avons besoin de ce soutien dès que possible, a-t-il insisté.
Une aide fragmentée, Orbán isolé
Le plan global de 40 milliards d’euros évoqué par Kallas reste flou, tandis que les 26 dirigeants, sans Viktor Orbán, ont approuvé une déclaration a minima. Le Premier ministre hongrois a une nouvelle fois refusé de s’associer aux conclusions, relançant les interrogations sur l’efficacité d’une approche fondée sur le volontariat pour contourner son veto.
António Costa, président du Conseil européen, a rappelé que 15 milliards d’euros d’aide supplémentaire avaient déjà été promis, et que d’autres engagements suivraient. L’Ukraine peut compter sur notre soutien inébranlable, y compris pour son intégration future dans l’UE, a-t-il affirmé.
Paris espère désormais que le sommet du 27 mars permettra de débloquer des actions concrètes, alors que les troupes ukrainiennes manquent cruellement de moyens face à l’avancée russe.